Histoire et patrimoine

Combret sur Rance est un petit village moyenâgeux du sud Aveyron perché sur un éperon rocheux dans un méandre de la rivière Rance.
Le village et son ensemble paysager sont depuis mai 2012 inscrits à la protection des sites de l’Aveyron,
et depuis 2016, le village est labellisé « Petite Cité de Caractère ».
Parcourir le village nous évoque un passé très riche.
Vous y découvrirez des demeures et des édifices ici présents depuis le Moyen âge et la Renaissance.
Nous vous souhaitons une agréable promenade dans les ruelles du village, toutes bordées de maisons de pierres rouges qui faisaient dire au poète occitan, Léon Cordes, « Peiras que cantan à Combret » (« Les pierres chantent à Combret »).

Halle de justice médiévale

Le seigneur de Combret possédait la justice haute, moyenne et basse.
Il l'exerçait avec ses officiers: un juge, un lieutenant de juge, un procureur fiscal, un greffier, les huissiers et sergents nécessaires et un garde terre (espèce de garde champêtre préposé à la surveillance des propriétés et de leurs limites).
Le seigneur avait seul le droit sur les prisons, carcans, fourches patibulaires et autres attributs de la haute justice.

Le tribunal de Combret remplissait ces conditions. A l'intérieur, sur l'un des piliers côté midi, on pouvait voir jusqu'en 1848 un gros anneau de fer dit à carcan. Au fond et adossé au mur de la maison voisine, le juge siégeait sur une espèce d'estrade en pierre. On montait sur cette estrade par deux ou trois degrés.

Halle de justice médiévale

Au XVIIIème siècle, cette halle deviendra, halle aux grains, le reste d'une mesure en pierre taillée ( setier) est encore visible.

Sur le sol en calade d'origine de la halle, il est encore possible de voir des petits trous où la pierre est noircie. Ils servaient jusque dans les années 1950 aux étameurs ambulants. Ils y faisaient des feux pour faire fondre l'étain qui servait à la restauration des ustensiles en fer (cuillers, fourchettes, assiettes etc...).

Cette halle de justice est inscrite à l'inventaire des Monuments Historiques depuis 1995.

L'église saint Jean Baptiste

En 1393, la chapelle romane, qui se trouvait dans l'enceinte fortifiée du XIIème siècle, avec l'accord des Hospitaliers de Jérusalem va être agrandie pour devenir l'église paroissiale. De l’édifice roman du XIIème siècle, il nous reste de nombreux éléments.

Les habitants de Combret avaient leur église à l'extérieur du village (au lieu-dit Saint Sauveur, une croix marque encore cet emplacement). Comme elle était pillée régulièrement, ils ont souhaité avoir une église dans le village.

Cette église a gardé de belles parties romanes.

Lorsque l'église est inscrite à l'inventaire des « Monuments Historiques » en 1939 il pleut abondamment à l'intérieur. Un demi-siècle plus tard la situation n'est pas meilleure bien au contraire.

La commune entreprend avec le concours de l'Etat et du Conseil Général la restauration de l'édifice.
Sous la conduite des « Bâtiments de France » de 1995 à 1997 charpentes et couvertures sont entièrement refaites. Les lauzes de grès manquantes sont offertes par la population.

A l'intérieur, avec l'aide de la paroisse affectataire et d'une Association les travaux vont se poursuivre jusqu'en 2001. Après sondages, le travail effectué nous permet de découvrir les états successifs de décor de l'édifice depuis son origine.

Les calades

Une rue caladée, encaladée ou en calade, ou plus simplement une calade, désigne une rue en pente pavée ou empierrée.
Les anciennes rues très en pente de Combret étaient des calades.
Certaines ont été conservées d'autres sont restaurées.

Quand il s'agit de pierres , celles-ci sont posées verticalement, sur la tranche.
Les pierres sont donc posées de chant, fortement serrées les unes aux autres de façon à ce que leur surface de contact soit aussi grande que possible et qu'elles se bloquent mutuellement.
Les interstices restants sont comblés avec de la terre.

La construction de ces ouvrages nécessitait le plus souvent des caladeurs professionnels. Les communautés villageoises pouvaient être tenues de fournir de la main d'œuvre pour l'acheminement des pierres.
La calade n'est pas hermétique et laisse s'évaporer l'eau en excès dans le sous-sol.

Calade vient de la langue d'Oc, Calada qui signifie le pavé ou la rue pavée.

Le pas d'âne

Ce terme désigne, dans une rue très pentue, les vastes paliers encaladés successifs que séparent des marches bases.

La distance moyenne est de 60 cm et de 17cm de hauteur environ. Elles devaient permettre un nombre de pas impair pour aborder la marche suivante de l'autre pied.

les-calades

Les Pigeonniers

Quatre grands pigeonniers carrés sont encore visibles dans le village, un, sous la Mairie a été entièrement restauré, il est propriété de la commune.
On peut aussi, apercevoir trois grands pigeonniers ronds en forme de tour, proche du village.

En France, élever des pigeons était le privilège des familles seigneuriales et des ecclésiastiques jusqu'au XVIIème siècle.

Ensuite tout propriétaire a eu le droit d'élever des pigeons.

Dans le village de Combret, on remarque encore de nombreux anciens pigeonniers sous les toitures. Ces pigeonniers sont bien visibles en façade des maisons.

Les ouvriers agricoles ont attendu l'abolition des privilèges (4 août 1789) pour avoir le droit eux aussi d'élever des pigeons.

Les fours à pain

Dans le village, il existe encore treize fours à pain privés.

Au hameau de Saint Amans de Lizertet, la commune de Combret a entièrement restauré un four banal.

A l'époque féodale, le four à pain était parfois un privilège du seigneur dont il tirait profit en prélevant une taxe appelée « banalités » sur chaque cuisson.

Croix de la halle

Croix de la halle, croix du XVème-XVIème siècle. D'un côté l'archange Saint Michel vainqueur de Satan, de l'autre côté un christ naïf en croix.

Cette croix serait la seule qui resta debout après 1793.

D’antres croix sont visible dans le village :

  • Au lieu-dit le Serre, croix discoïdale, placée pour rappeler l'emplacement de la première chapelle ou église de l'ancien village; on y venait en procession le jour de l'Ascension.
  • Sur le pont, en bas du village, croix de pierre datée 1800
  • Route de Belmont, croix de fer forgé récente, 1999, qui remplace une croix de fonte brisée.
  • Entrée haut du village, rue de la Clède, croix de fer forgé. Elle se trouvait initialement sur un rocher de la place du château.
  • Sur un mur près l'Auberge, une croix de pierre qui provient certainement d'un cimetière.
  • Rue du Barry, croix de fonte sur la porte d'entrée de l'ancien jardin du presbytère.
  • Impasse de l'Adrech, sur le toit de l'ancienne maison paroissiale, croix de fonte.
  • Devant l'église, croix de pierre placée pour rappeler que l'ancien cimetière arrivait jusqu'à cet endroit, elle est datée de 1831.
  • Sur le clocher de l'église, croix de fer forgé.
  • Dans le cimetière croix de pierre datée 1809, identique à celle du pont.
  • Sur la place de l'église, croix de mission en fer datée 1865, procession du 1er dimanche du mois en l'honneur du Saint Rosaire.
  • Sous le cimetière, croix de mission en fer forgé, réalisée par un artisan du village. Elle est datée de 1835, procession du 2ème dimanche de la Fête Dieu.
     

Le canal du moulin

Le premier moulin de Combret, le moulin du Mazet se trouvait plus à l'ouest dans la boucle étroite du Rance. Une violente crue, certainement de fin XVème ou début XVIème siècle, l'a emporté ainsi que quelques maisons proches.

Un autre moulin dit moulin d'Albert aurait existé à l'entrée du village, route de Belmont sous le lieu-dit la Pradelle; il n'en reste plus rien.

Le dernier moulin a été construit plus près du village, place du Barry.

Le canal qui récupère l'eau de la chaussée alimentait ce moulin à grains qui a fonctionné jusque dans les années 1950. Les dernières années, les agriculteurs amenaient le grain et récupéraient la farine pour les animaux.

Ce canal, restauré en partie et propriété de la commune sert actuellement à l'arrosage des jardins potagers qui se trouvent en bordure.

Le bâtiment restauré lui aussi est devenu une résidence secondaire.

Maisons seigneuriales de Combret

Le village de Combret présente de nombreux vestiges d'ancienne noblesse.

Ce passé revit particulièrement dans ce qui reste de leurs belles maisons d'habitation.

  • Maison d'Audouls de Roquefère, sieur de Bélanet et de Roquecezière, située Rue du Barry.
  • Maison de Pène de la Ferrandie, de Mostuejouls, de Benoit, de Fabre, de Blauzac, située Rue du Serre ( ils possédaient aussi le château de La Verdolle).
  • Maison de Glavenas- Tirefort, de Rudelle, de Monvalat. Située Rue du Serre ( Mairie actuelle).
  • Maison de Capriol, de Cabrol, d'Assié. Située Rue du Serre, ancien presbytère près de la Mairie.
  • Maison de Glavenas, sieur de Burgatel Lavabre, de Roquerouge, de Corbou, de Monlas, de Campal. Située Rue du Puech et château des Camps.
  • Maison de Saint Juéry . Située Rue du Puech et Hauterive.
  • Maison de Najac, sieur del Py et de Plégats située Rue de la Clède.

Beaucoup de ces maisons ont encore leurs belles cheminées et leurs magnifiques escaliers à vis en pierre.

Sur les façades, on peut voir de nombreuses fenêtres à meneaux et de superbes portes sculptées.

Dans l'une d'elles, un plafond à la française a conservé son remarquable décor.

Dans une autre, un plafond à la française a été restauré, et dans la même on trouve une cheminée en stuc du XVIIIème siècle.

Le château du Puech

Ce texte de Frantz Brentano donne une description imagée pour le château du Puech de Combret :

« Au XIème siècle, le château du seigneur féodal se compose essentiellement du donjon, c'est à dire d'une haute tour (carrée aux XIème et XIIème siècle, ronde dans les siècles suivants) entourée d'une vaste enceinte, palissade ou muraille, bordée d'un fossé.

Le donjon était construit sur le point le plus élevé de la terre seigneuriale.

Au XIème siècle, il sert de résidence au baron et à sa famille la plus proche, au XIIème siècle, il sera réservé à une destination exclusivement militaire; alors tout près, dans la même enceinte, on construira, le « palais » pour servir de demeure seigneuriale.

Le donjon s'élève donc généralement sur une éminence, une vaste enceinte suit la déclivité de la colline, en contre-bas, on la nomme la basse-cour; là sera creusé un puits et seront aménagés une chapelle et les logis d'habitation pour les compagnons et les serviteurs du baron. »

Les restes du grand donjon sont encore visibles, le fossé se devine et quelques pans de murs nous permettent d'imaginer le tracé de l'enceinte fortifiée.

Vers le bas de la colline, nous savons qu'une grande citerne creusée dans le roc était située dans le haut du cimetière actuel. Elle a été malheureusement comblée, mais, pourrait être facilement retrouvée.

Château fort du centre

Il a été construit fin XIVème ou début XVème siècle.

La porte d'entrée du château se trouvait au milieu de la façade près d'une citerne et de la place d'armes.
Face à la porte d'entrée, le portail à pont-levis donnait entrée dans la cour intérieure.
De hautes murailles protégeaient le château .
Une seule tour subsiste encore.

Les portails

Au nord, le portail dit du Terral, que l'on peut voir encore aujourd’hui, s’ouvrait pour aller vers St Affrique et St Sernin. Il y avait ordinairement un corps de garde dans la petite maison qui jouxte le portail.
Le portail de La Clède, au levant, servait de passage pour aller vers Camarès et le Languedoc et pour aller vers Castres ou Albi on passait par celui du Barry ou du faubourg au bas du village.

Les portes

L’une à l’extrémité supérieure du village, porte des tourrials, s’ouvrait pour le service des vignes et des terres dans la direction de l’ancienne église de Saint Sauveur; l’autre, à l’endroit dit Le Serre, servait à se rendre au moulin du Mazet près du Rance .Ce moulin disparut à la suite d’une grande inondation.

Indépendamment des trois portails extérieurs, trois grandes portes, dans l’enceinte, donnaient issue sur les quatre principales rues et formaient d’autres fortifications intérieures pour la défense du château.

De sorte que si le village était pris par l’ennemi, le château pouvait résister encore derrière la seconde ligne de défense.

Nous pouvons citer encore :

  • la porte Portalière, dans la rue du même nom entre le Barry et le Serre.
  • la porte du Serre devant l’ancien presbytère près de la Mairie.
  • la porte de la place d’armes près de la fontaine et l’angle de l’Auberge.

On montait la garde à toutes ces portes. Une compagnie de garde bourgeoise était préposée à cette mesure de sûreté.

Inscriptions anciennes dans le village de Combret

Dans un texte de 1980, Monsieur André Soutou disait que Combret était le village de l'Aveyron qui possédait le plus d'inscriptions anciennes.

Elles sont en vieux français, italien, espagnol et latin.

Malgré leurs imperfections grammaticales, ces inscriptions témoignent de l'intérêt que portaient les français, de l'époque de Henri IV ou de Louis XIII aux ouvrages écrits au-delà des Pyrénées et des Alpes, et aussi du goût éclairé qui régnait alors dans un humble village du Rouergue.

Pour aller plus loin